Attentats à Paris – J1

Je ne vais pas m’attarder sur le côté émotionnel et sentimental des attentats à Paris, qui est largement couvert par les médias et récupéré par le pouvoir politique, mais plutôt montrer les incohérences et les conséquences.

Attentats à Paris, 13 novembre 2015

Plutôt que des réactions à chaud complètement improductives, voici quelques réflexions plus lucides (mais qui ne date pas d’aujourd’hui pour moi) :

  • Des terroristes qui ont des revendications politiques mais qui s’attaquent qu’aux civils… Ils dénoncent la présence de la France en Syrie (qui a pourtant largement soutenu des groupes terroristes comme Al-Nostra) et en Irak, mais ne s’attaquent surtout pas aux responsables de ces décisions ! Non ce sont les civils, majoritairement opposés aux guerres, qui trinquent ! Contrairement à la Syrie, les terroristes ne semblent de toute évidence pas vouloir renverser le pouvoir en France.
  • Une bénédiction pour un pouvoir n’ayant plus aucune crédibilité et qui va se maintenir par la force en décrétant l‘état d’urgence.
    Cela fait plusieurs années (depuis Sarkozy) qu’on s’attendait à voir des attentats sur Paris afin d’importer le Patriot Act en France et de déclarer la loi martiale (état d’urgence). Quand j’écrivais cela sur des forums ou que j’en parlais autour de moi, on me prenait pour un fou. Cette fois c’est chose faite !

S’il y a eu 120 morts à Paris, c’est 65 millions de Français qui vont être soumis à l’état d’urgence et à tous les abus de pouvoir possibles….

état d'urgence suite aux attentats de Paris

Voici ce que l’on trouve à ce sujet sur Wikipedia :

En France, l’état d’urgence « confère aux autorités civiles, dans l’aire géographique à laquelle il s’applique, des pouvoirs de police exceptionnels portant sur la réglementation de la circulation et du séjour des personnes, sur la fermeture des lieux ouverts au public et sur la réquisition des armes ».

  • les préfets peuvent interdire sous forme de couvre-feu la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux précis et à des heures fixées par arrêté
  • les préfets peuvent instituer « des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé », interdire de séjour « toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics »
  • le ministre de l’Intérieur peut assigner à résidence toute personne « dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics »
  • le ministre de l’Intérieur ou les préfets peuvent « ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boissons et lieux de réunion » et « les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre » ainsi qu’ « ordonner la remise des armes de première, quatrième et cinquième catégories ».
  • par disposition expresse, le ministre de l’Intérieur et les préfets peuvent ordonner des perquisitions à domicile « de jour et de nuit », prendre « toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et de la radio ». Les perquisitions peuvent être faites sans le contrôle d’un juge.
  • la juridiction militaire, via un décret d’accompagnement, peut « se saisir de crimes, ainsi que des délits qui leur sont connexes »
  • le refus de se soumettre peut être passible d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux mois et d’une amende de 3 750 euros, ou les deux.

Voir également les annexes inquiétantes présentes dans le Traité de Lisbonne où la peine de mort et les travaux forcés sont autorisés en cas de guerre ou de danger contre la nation.

 

Et pour finir, dans un but de controverse et pour alimenter la réflexion, je vais lister toutes les incohérences et autres choses qui me viennent à l’esprit  :

  • Ce sont surtout les Russes qui ont surtout mis à mal les terroristes en Syrie, au contraire la France a soutenu les rebelles (dont les terroristes), pendant que les Etats-Unis leur parachutaient des armes (Oups !)… Je croyais que les terroristes planifiaient de s’attaquer à la Russie… eh bien non !
  • On peut blâmer ces attentats, mais ce qui ne faut pas perdre de vue, c’est que c’est juste la conséquence d’une cause et c’est elle qu’il faut déterminer, car elle est la source du problème. A ce niveau les certitudes ne sont pas nombreuses ! Plutôt que d’être Charlie, on devrait plutôt demander des comptes (avec des investigations indépendantes) pour que toute la lumière soit faite !
  • Toutes les mesures de surveillances liberticides prises à la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo n’ont visiblement servi à rien. Ce constat me fait remémorer une citation de Benjamin Franklin qui m’a définitivement marqué :  « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

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Ça en fait des bêtises en si peu de texte… « Des terroristes qui ont des revendications politiques mais qui s’attaquent qu’aux civils… Oui parce que c’est un peu la définition même du terrorisme, d’attaquer des cibles qui ne sont pas nécessairement des objectifs supposés. Le but n’est pas d’affaiblir les armées ou les infrastructures, comme le feraient des groupes de guérillas, mais de provoquer la peur dans la population. Et plutôt que de s’attaquer aux forces de l’ordre ou au pouvoir politique, attaquer la population est un moyen d’envoyer un message « nous pouvons attaquer n’importe qui, n’importe où ». Le mot « terrorisme », pour rappel, vient de « terreur ». Le but est de sortir des habitudes et d’échapper au mode de compréhension classique. « Contrairement à la Syrie, les terroristes ne semblent de toute évidence pas vouloir renverser le pouvoir en France. Nous sommes une démocratie, avec un gouvernement élu. Faire peur aux citoyens, en faisant bien passer le message « c’est pour la Syrie », c’est vouloir pousser le peuple à mettre fin à l’intervention en Syrie, et le gouvernement de devoir s’y plier. Si tu penses qu’un peuple ne peut infléchir sur la continuité d’une guerre, pense au Vietnam. Ajoutons à cela que les civils sont des cibles faciles, facilement impressionnables, groupées, et surtout non protégées contrairement au pouvoir en place. Ces deux points réunis, l’idée d’attaquer le pouvoir en place ne fonctionne pas dans une démocratie. C’est en revanche un meilleur plan pour lutter contre les activités d’une dictature qui n’a pas peur que le peuple la pousse à partir, détenant le pouvoir militaire sur eux, et dont la succession est rarement un processus bien établi. « Une bénédiction pour un pouvoir n’ayant plus aucune crédibilité et qui va se maintenir par la force en décrétant l‘état d’urgence. Oui, alors ça,… Lire la suite »